Une nouvelle reculade gouvernementale qui condamne la planète

lundi 13 octobre 2014
par Ouebemasteur

Après des années de tergiversations, le gouvernement abandonne définitivement l’écotaxe au profit du patronat et des chargeurs et affréteurs, au détriment des salarié-es routiers, de l’environnement et de la population qui va devoir payer à la place des pollueurs.

Le tarif ridicule des transports routiers et les conditions de travail déplorables ont permis au camion d’occuper une énorme place. Chaque année, 800 000 camions transportent 88 % des marchandises. Ce mode de transport occasionne 13% des décès sur la route, pollue de plus en plus (une augmentation d’1/3 des émissions de gaz à effet de serre en 20 ans...).

Les gouvernements parlent d’un changement de politique des transports. La loi de 2009 prévoyait de faire passer la part du fret ferroviaire à 17,5% en 2012 et à 25% d’ici 2022. Le Grenelle de l’environnement a décidé que : « le trafic de marchandises devait être assuré, à terme, dans sa totalité par les modes alternatifs à la route ». Plus l’Etat français se fixe des objectifs ambitieux, moins il se donne les moyens de les atteindre !

Les affréteurs doivent payer le juste coût des transports :
- les coûts externes payés aujourd’hui par la société (accidents, pollution de l’air et changement climatique, bruit, congestion des axes de circulation…) qu’une étude de l’Union européenne en 2008 chiffre à 510 milliards d’euros, soit 4 % du PIB,
- des conditions de salaires et de travail « normales » pour les conducteur-trices routiers dont la grille de salaire commence en dessous du Smic en France, et dont la moitié effectue plus de 48 heures hebdomadaires de travail pour obtenir un salaire décent.

Le transport routier est l’activité humaine la plus émettrice de gaz à effet de serre. Le camion use davantage les routes que la voiture mais paie moins son usage, il bénéficie d’un gazole (plus polluant et cancérigène) avantageux fiscalement et du remboursement de 320 millions d’euros par an de TICPE (taxe intérieure de consommation de produits énergétiques, ex TIPP).

Il faut réduire cette activité polluante : par une fiscalité écologique efficace, lisible, et sans utilisation de portiques ou autres gérés par une grande entreprise privée.

L’Union syndicale Solidaires est favorable à une TICPE européenne améliorée qui pourrait être d’un rendement budgétaire d’environ 12 milliards d’euros par an. Elle serait non-remboursée aux poids lourds, calculée en fonction du contenu polluant de chaque produit, et compensée aux ménages par une réduction des inégalités sociales. Elle représenterait un outil efficace pour augmenter le tarif des transports payé par les affréteurs européens, inciter à la localisation des productions, au développement des transports ferroviaire et fluvial, diminuer l’intérêt du dumping social par des conducteurs européens venant de loin, payer les routiers au-dessus du Smic et respecter la législation sociale notamment celle du temps de travail.

10 octobre 2014

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