Plus de 300 chercheurs "précaires" manifestent dans la rue

vendredi 30 novembre 2012
par Webmaster

Plus de 300 chercheurs "précaires" manifestent dans la rue

"Bac + 8, CDD + 5 et après ?" Les chercheurs en contrat à durée déterminée, ceux qui se sont baptisés "Les précaires de la recherche", ont manifesté du Peyrou à La préfecture, hier, pour dénoncer les menaces qui pèsent sur leur avenir.

À Montpellier, ils seraient environ un millier, employés dans les organismes de recherche publique telles que l’Inserm, l’Inra, le CNRS, parfois depuis plusieurs années.

Ces agents voient leurs collaborations remises en cause en raison d’une loi, la loi Sauvadet, imaginée pour réduire leur précarité mais qui produit les effets inverses en raison des restrictions budgétaires et parce qu’elle a conduit les employeurs à limiter leurs renouvellements de contrats.

"La rareté des postes mis au concours et les restrictions abusives du renouvellement des contrats nous condamnent de fait au chômage, à l’exil ou à la reconversion forcée", dénonce le collectif montpelliérain.

Tee-shirt rouge sur le dos où s’inscrit la durée de leur ancienneté et le nombre de jours avant la fin de leur contrat, les manifestants ont réclamé, hier, l’instauration d’un moratoire sur l’application de la loi et l’augmentation "significative" du nombre de postes au concours.

"Avec un plan pluriannuel de recrutement, c’est cela le plus important", explique Adeline Burguière, membre du collectif montpelliérain. Selon de nombreux chercheurs, la situation est "absurde", d’autant qu’elle n’est pas toujours liée à des problèmes de financements.

"Un gâchis de personnel hautement qualifié"

Ronald Ooman, engagé dans un laboratoire de l’Inra-CNRS, 58 mois d’expérience, témoigne de son propre cas : "Nous avons fait une demande pour un autre contrat post-doc. Le financement était assuré. On nous a indiqué que nous aurions la réponse au mois de mars, soit un mois avant la fin de l’autre. Pour le labo ce n’est pas vivable, ni pour moi."

Le collectif des précaires dénonce "un véritable gâchis de personnel hautement qualifié, préjudiciable pour la recherche française et compétitivité à l’échelle internationale."

"Travailler à court terme, ça n’a aucun sens. La précarité fragilise les labos et donc les personnels titulaires", reprend Adeline Burguière. L’analyse est partagée par un certain nombre de chercheurs titulaires qui voit défiler les CDD.

"On n’arrête pas de former, de former", observe Jean-Baptiste. Face à un système "aberrant", ce chercheur de l’Inra préconise notamment une réforme du crédit impôt recherche, octroyé aux entreprises. "Des centaines de millions d’euros sont récupérables.

Ça a été détourné de son objet initial, aujourd’hui sont éligibles des dépenses qui n’ont rien à voir avec la recherche", poursuit-il. Cette utilisation, "plus parcimonieuse", du crédit impôt recherche figure parmi les propositions de la coordination nationale transmises à la ministre pour financer la création de postes. "Elle nous a entendus mais on attend des réponses", s’impatientait un manifestant. article du Midi Libre


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