(Retraité-es Solidaires) Motion d’actualité votée par l’AG de l’UNIRS du 25 avril 2013

mercredi 1er mai 2013
par Ouebemasteur

Document UNIRS - Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires

L’Assemblée générale de l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) du 25 avril 2013 s’est tenue en présence de représentants des retraités et retraitées des organisations syndicales nationales et des Solidaires locaux.

L’Assemblée générale a tout d’abord souligné que ce qui avait été voté par l’AG précédente du 31 mai 2012 était d’une grande actualité « L’AG du 31 mai 2012 a enregistré avec satisfaction qu’une majorité des votants (à l’élection présidentielle) a fort heureusement évité au pays un deuxième quinquennat avec Sarkozy.

Le pire a été évité. Mais la satisfaction de nos revendications sera toujours, pour l’essentiel, le résultat de nos actions et de nos luttes… Au cours des douze prochains mois, nous aurons donc, au sein de l’Union syndicale Solidaires, à faire vivre un syndicalisme efficace pour la satisfaction des revendications et l’élargissement des solidarités ».

Après un an de gouvernement Hollande – Ayrault, les militantes et les militants de l’UNIRS constatent que ce gouvernement est resté très largement sous l’emprise et la domination de la finance et qu’il continue, prioritairement, de répondre à ses demandes et à ses exigences. Les velléités de réforme fiscale permettant tout à la fois des rentrées budgétaires suffisantes et une contribution de tous les citoyens en fonction de leurs réelles facultés contributives, ont été rapidement abandonnées. De nouveau, des cadeaux fiscaux et sociaux ont été accordés aux entreprises sans contrôles, sans contreparties ni exigences. La lutte contre la fraude fiscale n’est même pas une priorité pour le gouvernement qui continue de supprimer des emplois aux Finances, comme il le fait d’ailleurs vis-à-vis de tous les organismes chargés de suivre et de contrôler les entreprises (Douanes, Concurrence et Consommation, Répression des fraudes, Inspection du travail, etc). Les paradis fiscaux et surtout leurs utilisateurs, dont les banques et de nombreux intermédiaires financiers, continuent de ne pas être inquiétés. Pendant le même temps, l’impôt sur le revenu a été augmenté pour le plus grand nombre par le maintien du gel du barème décidé par le précédent gouvernement. La TVA a également été augmentée, en totale contradiction avec les promesses du candidat Hollande. En matière d’emplois, rien de significatif n’a été mis en oeuvre pour réduire sensiblement le chômage ; au contraire, diverses incitations, onéreuses pour les budgets publics, à conserver les seniors dans les entreprises, augmentent le chômage des jeunes.

En fait, ce gouvernement n’a pas rejeté le chômage de masse imposé par les organismes financiers et les détenteurs de capitaux, ce qui leur permet le maintien d’un rapport de forces en leur faveur. La casse du droit du travail se poursuit et participe de cette politique, avec une augmentation de la précarité. L’Accord National Interprofessionnel (ANI) préfigure une nouvelle méthode d’organisation et de mise en place des reculs sociaux. Un tel environnement favorable à une minorité de privilégiés a continué de porter en triomphe l’argent décomplexé qui amène l’arrogance et le mépris.

De plus en plus souvent, ce nouveau gouvernement, lui aussi, montre dans ses choix qu’il priorise les demandes patronales aux mobilisations et aux demandes syndicales et sociales. Ainsi, il n’y a toujours aucu2 ne loi qui vienne empêcher, voire sanctionner, les licenciements « boursiers », ceux qui, comme les autres, provoquent des drames humains et familiaux, pour satisfaire encore plus des actionnaires. Cependant, ce même gouvernement vient de décider de refuser d’amnistier des syndicalistes qui, dans le cadre de leur mandat syndical, ont mené des actions et des luttes pour la sauvegarde des emplois, le maintien de leur entreprise, la défense des services publics.

Les personnes retraitées membres de l’UNIRS constatent que toutes les avancées sociales mises en place à la Libération, en 1944/1945, dans la ligne des orientations du Conseil National de la Résistance, consolidées ensuite par les luttes menées durant des décennies, sont maintenant toujours combattues, dans la continuité des gouvernements précédents, et sont en régression constante. L’UNIRS réaffirme donc la nécessité d’une société solidaire, et notamment l’urgence à mettre en place une véritable solidarité intergénérationnelle rejetant les clivages entre générations, clivages portés par certaines idéologies visant à maintenir les privilèges d’une très faible minorité. D’ailleurs, les précaires, les chômeurs et les chômeuses d’aujourd’hui, ce sont les enfants et les petits-enfants des retraités actuels. Les richesses de ce début du XXIe siècle sont incomparablement plus importantes que celles des années 1950, quand a été élargie la Sécurité sociale, et que celles des années 1970, quand ont commencé les attaques libérales. Les discours qui ne cessent de dire que « les caisses sont vides » ou « qu’il n’y a pas d’argent » sont des mensonges dès lors qu’il est confirmé que tout ceci résulte de choix antérieurs. C’est bien le partage des richesses qu’il faut modifier : un partage beaucoup plus équitable qui permettrait de rééquilibrer notre société. Ce nouveau partage des richesses est possible et nécessaire dès la répartition première des fruits du travail dans les entreprises par une amélioration de la masse salariale et une réduction de la rémunération du capital. Il doit être complété par une réforme fiscale et sociale faisant contribuer chacun de façon réellement progressive en fonction des facultés contributives. Une législation fiscale plus juste et une politique du contrôle fiscal déterminée amélioreraient les rentrées budgétaires et dégageraient les budgets publics de l’endettement. La dette publique actuelle est en grande partie illégitime car le résultat de choix idéologiques visant à favoriser une minorité de privilégiés. Voir un ministre du Budget qui fraude lui-même le fisc confirme la collusion entre le monde de la finance et quelques « décideurs » choisis par ce même monde.

La revendication d’une autre répartition des richesses est incontournable pour l’UNIRS, car la satisfaction de très nombreuses autres revendications découle de la satisfaction de cette revendication première.

  • Une augmentation de la masse salariale améliorerait les rentrées aux caisses de la Sécurité sociale et permettrait notamment l’amélioration des pensions, et particulièrement des pensions les plus faibles, et la prise en charge à 100% des dépenses de santé par l’assurance maladie.
  • Le retour au plein emploi est l’objectif qui doit être fixé ; un partage équitable des richesses permettrait à chacun et à chacune de disposer des moyens financiers suffisants pour donner droit à des conditions de vie décentes et réorienterait la demande, et donc les circuits de production et l’emploi. La réduction du temps de travail est, pour l’UNIRS, un axe fort d’une politique de l’emploi efficace. Ceci conduit notamment à repousser tout recul de l’âge de départ en retraite qui maintient dans l’entreprise des personnes âgées et fatiguées alors que leurs enfants ou leurs petits-enfants sont au chômage. Les gouvernements doivent cesser de lier « la reprise de l’emploi » à « la reprise de la croissance ». Il y a nécessité de débattre pour savoir comment produire et comment consommer autrement.
  • Une contribution de tous les revenus, et pas seulement des pensions des personnes retraitées, permettrait le financement à 100% par la solidarité nationale de l’aide à l’autonomie des personnes âgées fragilisées mais aussi des prestations assurées par de nouveaux services publics à mettre en place et par ailleurs largement créateurs d’activités et d’emplois non délocalisables.

En vue de l’aboutissement de ses revendications « spécifiques », l’UNIRS appelle de ses voeux une véritable unité d’action de l’ensemble des Organisations Syndicales de retraités et continuera d’agir avec toutes celles qui sont décidées à ne pas accompagner les reculs sociaux orchestrés par le patronat. Dans les prochains mois nous aurons notamment à combattre avec vigueur une nouvelle contre-réforme des retraites.

Plus largement, au sein de l’Union syndicale Solidaires, l’UNIRS continuera d’encourager une pratique intersyndicale unitaire la plus large possible pour une réelle efficacité de l’action revendicative et pour des mobilisations à la hauteur des enjeux.

30 avril 2013

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