Il manquera 20 milliards pour les retraités en 2020, mais il y a déjà 20 milliards pour les grosses entreprises aujourd’hui

jeudi 5 septembre 2013
par Ouebemasteur

Communiqué UNIRS - Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires

Déjà lors du début de la crise financière, en 2008, les citoyens s’étaient pour le moins étonnés que le gouvernement Sarkozy- Fillon soit en mesure de verser des milliards d’euros aux banques alors que, la veille (et, d’ailleurs, le jour même et le lendemain), il n’y avait rien de possible pour les services publics, pour la Sécurité sociale, pour les chômeurs et les chômeuses, pour les crèches et les maternités, etc. Fillon lui-même nous avait dit, fort peiné, qu’il était à la tête d’un pays en faillite. En faillite ? Mais pourquoi ces cadeaux sociaux et fiscaux aux grosses entreprises au prétexte d’aides à l’emploi ? Trente ans que ça dure, et trente ans que le chômage augmente.

Aujourd’hui, le gouvernement Hollande-Ayrault nous rejoue la même musique, peut-être un ton en-dessous. Il nous dit que le pays est en difficulté, qu’il nous faudra « faire des efforts justes et partagés ». Conforté par une horde « d’experts » complaisants et au service, il nous est rabâché que les déficits annuels des caisses de retraite seront, par exemple, de 20 milliards d’euros en 2020.

Pour les trouver, les mêmes se livrent à des opérations d’apothicaires, des petites économies par-ci, plus d’impôts et de cotisations par-ci, du travail plus longtemps car on vit plus longtemps par-ci, des retraites abaissées et versées moins longtemps par-ci. Mais, par-là, ça continue comme avant : il y a toujours de l’argent, toujours des fonds disponibles.

La loi de finances rectificative du 29 décembre 2012 a instauré le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi (CICE), celui préconisé par le rapport Gallois (encore un « expert »), et qui a été accompagné notamment d’une augmentation de la TVA et d’ « économies budgétaires » supplémentaires (par-ci). La logique affichée était un renforcement de la « compétitivité coût » des entreprises : il s’agissait, officiellement, de réduire le coût du travail pour gagner des parts de marché … et pour inciter les entreprises à embaucher. Le coût, en année pleine, de cette mesure, est de 20 milliards d’euros : 20 milliards d’euros que certaines entreprises vont récolter en « avoir » sur le Trésor public, soit près de la moitié de ce que rapporte chaque année l’impôt sur les sociétés. La moindre des choses serait tout de même que ces entreprises puissent être parfois contrôlées pour s’assurer que ces 20 milliards correspondent bien à des dépenses d’investissement, de recherche, etc, voire que ces subventions publiques déguisées ne servent pas à accroître les marges et les profits de ces grosses entreprises. C’est dans ce contexte que M. Moscovici, par ailleurs ministre de l’économie et des finances, vient de décider que le crédit d’impôt compétitivité emploi ne serait pas l’objet d’un contrôle fiscal. Et pourtant, ce ministre sait très bien que ces montages fiscaux sont souvent fraudés, l’exemple du Crédit Impôt Recherche largement étendu par Sarkozy est là pour le prouver, tout comme les constats des inspecteurs et des services de Berçy. Ceci veut dire que 20 milliards vont pouvoir être « tirés » sur le Trésor public sans contrôles, sans garanties. Pendant que le gouvernement pinaille pour récupérer des fonds par-ci, qu’il fustige les allocataires d’aides sociales qui « tricheraient », il laisse des grosses entreprises se servir dans les fonds publics !

Le 22 janvier 2012, au Bourget, le candidat Hollande claironnait sa volonté d’affronter la finance (« si l’adversaire est la finance, alors il faut l’affronter »). On voit ce qu’il en est : une retraite en rase campagne, et la finance toujours maîtresse du jeu.

On se souvient qu’en 2007, pendant la campagne électorale, le candidat Sarkozy annonçait : « la réforme des retraites, ça n’est pas dans mon programme ». Et, trois ans plus tard, en 2010, une réforme est lancée avec comme argument qu’il faut défendre le triple

A de la France. Dans les deux cas nous avons le même déni de démocratie, nous avons les gouvernants qui se mettent au service de la finance contre la majorité des populations.

Les vraies questions, c’est tout à la fois celle d’une autre répartition des richesses produites et celle d’un fonctionnement démocratique de nos sociétés. L’enjeu du conflit sur les retraites se situe aussi là.

5 septembre 2013

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