Communiqué de l’ul de Solidaires Biterrois suite aux abus de pouvoir de la police à l’issue de la manifestation du 30 janvier

mercredi 17 février 2021
par Ouebemasteur

Inquiète de la limitation des droits et des libertés, induite pour nous par la loi Sécurité Globale, l’union locale de Solidaires biterrois a lancé un appel large (syndicats, partis, associations, organisations) à manifester le samedi 30 janvier 2021.

Cette manifestation s’inscrivait dans le cadre de l’appel national de la Coordination Stop Loi Sécurité Globale et faisait suite à 5 manifestations depuis le 21 novembre. L’ul de Solidaires Béziers a proposé à des adeptes de Free Party de se joindre au cortège, comme ceux-ci l’avaient fait spontanément lors de la manifestation du 16 janvier.

La manifestation sonore a été déclarée et nommément autorisée par le préfet et le sous- préfet par intérim le 27 janvier 2021. Ni les services de la sous-préfecture ni les renseignements généraux ne nous ont demandé d’éviter le recours à une sono. Les sonos font d’ailleurs partie des rituels revendicatifs à Béziers comme ailleurs. Nous avons vérifié encore la veille qu’aucun arrêté préfectoral ne concernait notre manifestation revendicative.

Le 30 janvier, nous avons été surpris d’être encadrés de manière inhabituelle par 3 voitures de la police nationale, un fourgon de la police municipale et d’un véhicule de la BAC.

Un capitaine de police agathois, diligenté pour la circonstance, pourtant connu pour ses appels à réformer la police, nous a déclaré qu’il n’y aurait aucun souci si tout se déroulait bien. La manifestation s’est déroulée sans aucun incident : le parcours et le timing ont été respectés, sans dégâts ni dommages. Des fumigènes ont été confisqués par la BAC sans opposition. La dissolution de la manifestation s’est déroulée sans aucune difficulté. Le capitaine nous a confirmé que tout s’était bien passé.

Pour autant et contrairement à ce qui nous avait été assuré, un véhicule de la BAC a interpellé les membres du Free Party sur le parking du supermarché où ils devaient rendre le camion de location et décharger leur matériel sono.

Un contrôle d’identité a eu lieu avec confiscation du matériel sono.

Les 6 personnes concernées ne se sont opposées ni au contrôle d’identité ni à cette confiscation. La situation s’est dégradée lorsque la police a voulu les empêcher brusquement de récupérer leurs affaires personnelles dont un ordinateur. Son propriétaire a perdu alors son sang-froid et a porté un coup à un représentant des forces de l’ordre. Des renforts vite arrivés ont été appelés par la police. Les 6 personnes contrôlées ont été matraquées.

La personne qui a porté le coup contre le policier ainsi qu’un autre camarade ont été placés en garde à vue. Le premier est ressorti le dimanche soir. L’autre est passé en comparution immédiate le lundi 1 er février au tribunal de Béziers. La demande de report du jugement a été rejeté par le tribunal. Un procès aurait permis pourtant de préciser les circonstances du délit et de mettre en évidence le contrôle et la saisine abusifs et dont il a été victime. Le jeune homme a été condamné à 18 mois de prison dont 9 mois fermes. Les autres personnes interpellées ont été convoquées le dimanche soir et n’ont finalement pas été retenues en garde à vue. Elles ont porté plainte le lendemain à la gendarmerie pour violences policières.

Solidaires biterrois rejette toute action de violence et souhaite que le policier blessé se rétablisse rapidement sans séquelle.

Elle considère que ce jeune policier a été envoyé en mission sur une opération dont la légitimité, à tout le moins, est à interroger. Plusieurs questions se posent en effet :

  • Pourquoi la question de la sono est-elle devenue une question centrale à Béziers sur cette
  • manifestation particulière ?
  • Pourquoi la sous-préfecture n’a-t-elle tout simplement pas demandé aux organisateurs de ne
  • pas avoir recours à une sono si celle-ci présentait un quelconque… risque ?
  • Pourquoi avoir déclaré aux organisateurs en début de manifestation qu’il n’y aurait aucun
  • « souci » si la manifestation se passait bien, pour ensuite procéder hors manifestation et hors
  • de présence des organisateurs à une réquisition du matériel ?
  • Qui est à l’origine de cette opération concertée ?
  • Dans le cadre de quel arrêté préfectoral cette opération de contrôle s’est-elle déroulée ?
  • La nomination d’un nouveau sous-préfet sur Béziers a-t-elle un lien avec la méthode adoptée ?

L’ul de Solidaires biterrois trouve que cette opération de contrôle et de réquisition ne se justifiait ni par les autorisations et assurances qui lui avaient été données, ni par la manière dont la manifestation s’est déroulée.

Il nous semble difficile de ne pas y voir une tentative d’intimidation qui vise un public jeune à qui de fait on conteste le droit de participer à une manifestation. Un policier aurait déclaré : « On va vous faire passer l’envie de revenir. »

Cette intervention des forces de l’ordre s’inscrit pleinement dans la répression systématique et disproportionnée du mouvement Tekno, un mouvement culturel qui, depuis des années et encore plus ces derniers temps, paye un lourd tribut.

Le contexte sanitaire et économique touche de manière cruciale les jeunes, étudiants ou travailleurs, y compris dans leurs espaces de sociabilité. Cette manifestation était l’occasion pour eux de pouvoir s’exprimer et de revendiquer dans un cadre défini et organisé.

Cette liberté d’expression et de revendication leur a été déniée. Cette violence institutionnelle a abouti à une blessure à l’arcade sourcilière d’un jeune policier et à 9 mois de prison ferme pour un jeune manifestant.

Le représentant de SGP police Fo a déclaré à propos de cet événement dès samedi soir à Midi Libre : « Il y en a marre que les forces de l’ordre deviennent des cibles lors de manifestation. » Si la défense de sa corporation est légitime, nous espérons que cette défense s’exerce également par rapport à l’instrumentalisation de la police et des policiers par le pouvoir, qui ne présage rien de bon sur la loi dite de Sécurité globale et pour notre État de droit. À Solidaires nous disons : « Il y en a marre que les manifestants soient la cible de la police. », pendant et hors des manifestations.

Ce communiqué aurait dû être lu lors du rassemblement unitaire du 6 février à Béziers contre les abus de pouvoir de la police qui a été interdit par les services de l’État.


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