Contre les coupes budgétaires et l’extrême droite : défendons le droit à l’IVG et nos droits reproductifs !

Alors qu’il y a deux ans le gouvernement se félicitait de l’avancée historique de l’inscription dans la Constitution de « la liberté d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse », la réalité du terrain est tout autre. Partout sur le territoire, les structures du Planning Familial et les Centres de Contraception et d’IVG (CIVG) sont étranglés financièrement.

Les antennes du Planning Familial subissent des attaques répétées : suppression des subventions par la mairie RN à Carpentras, coupes de 160 000 euros par l’ARS en Nouvelle-Aquitaine (retirées suite à la mobilisation) ou fermetures de structures en Drôme et en Aveyron. Face à ces coupes budgétaires, c’est l’accès à la santé sexuelle et reproductive qui recule. En 20 ans, ce sont également 40 % des maternités de proximité qui ont fermé en France et, avec elles, des lieux essentiels pour être accompagnée durant sa grossesse, pour son accouchement, ou lors d’une interruption spontanée ou volontaire de grossesse.

Ce démantèlement fait directement écho au contexte international. Aux États-Unis, en Pologne ou en Italie, la montée de l’extrême droite et des « anti-choix » détruit les droits des femmes et des minorités de genre et criminalise les personnels de santé qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse. 

En France, l’absence de moyens transforme le droit constitutionnel en coquille vide : la baisse des capacités des hôpitaux impose une hausse massive des IVG médicamenteuses (79 % en 2023) par défaut d’accès à la méthode instrumentale. Pour Solidaires, le choix de la méthode doit appartenir à la personne concernée, pas aux restrictions budgétaires.

Pire encore, la réalité du monde du travail et de la Fonction publique continue de nier les réalités du corps et des parcours de soin : l’application du jour de carence en cas d’IVG ou d’arrêt lié à la santé reproductive  et hormonale punit financièrement les personnes qui y ont recours.

L’Union syndicale Solidaires exige :

  • Une prise en charge intégrale à 100 % de l’IVG, de la PMA (ouverte à toutes et tous, incluant les personnes trans), de la contraception et des parcours de soin reproductifs.
  • Un congé rémunéré à 100 % d’au moins 3 jours, sans jour de carence ni justificatif, pour les personnes concernées et accompagnantes en cas d’IVG, d’ISG ou d’IMG, dans le privé comme dans la Fonction publique.
  • L’ouverture d’un droit à un congé hormonal et menstruel (26 jours par an, inconditionnel, rémunéré et sans jour de carence), ainsi que l’aménagement des temps et espaces de travail (pauses, sanitaires équipés, accès gratuit aux produits périodiques).
  • Le maintien et la réouverture des CIVG et maternités de proximité, avec des moyens humains et matériels dédiés pour garantir l’accès effectif au choix de la méthode.
  • L’application effective de l’éducation à la sexualité (programmes d’EVARS)  incluant l’égalité filles-garçons à tous les niveaux de la scolarité pour lutter contre le sexisme.
  • Le rétablissement intégral et immédiat de toutes les subventions supprimées par les collectivités ou les ARS, des plans de financement public, pérenne et inconditionnel pour les planning familiaux et les CIVG et l’arrêt de la précarisation des travailleuses et travailleurs du secteur. 
  • La suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG et l’application ferme de la loi contre le délit d’entrave.
  • La garantie de la production nationale de la Mifépristone pour sécuriser l’accès aux molécules face aux pressions réactionnaires. Et plus globalement un marché public du médicament. 

Derrière les arbitrages budgétaires et la carence de l’État, ce sont les corps, la santé, l’autonomie et les libertés fondamentales des femmes et des minorités de genre qui sont directement ciblés.

Solidaires refuse que nos droits soient la variable d’ajustement des politiques libérales ou les cibles des idéologies d’extrême droite.

Nous appelons à nous joindre massivement aux mobilisations partout sur le territoire autour de la journée internationale du droit à l’avortement le 28 septembre 2026, et à soutenir toutes les initiatives en défense des Planning Familiaux, des CIVG, des hôpitaux et maternité de proximité.

Communiqué du collectif Avortement Europe

Léon XIV, le nouveau Pape, sera de visite en France du 25 au 28 septembre.

Cette visite n’est pas anodine et son message ne le sera pas non plus ! Sous couvert de message de paix et de « Magnificat Humanitatis », sa position reste celle, traditionnelle, réactionnaire, de l’église catholique.

Le 8 juin dernier, à Madrid, devant les parlementaires espagnols, il a réaffirmé que « toute vie humaine doit être reconnue et protégée depuis sa conception jusqu’à son terme naturel ». Il refuse aussi toute contraception, hormis les contraceptions dites naturelles .

Ces paroles, alors que les extrêmes droites progressent partout dans le monde servent de base d’appui à refuser l’avortement dans des pays où il n’est pas autorisé, à le remettre en cause, dans les pays où il est légal.

La Constitution, malgré ce qu’on croit, ne nous protégera pas puisque l’article 34 stipule «La loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse. ».

La loi resterait mais les conditions pourraient varier encore plus à la baisse dans une situation internationale de plus en plus guerrière, avec un président Macron qui en appelle au « réarmement démographique ». Dans un contexte de restriction des budgets des services publics de santé, les fermetures des hôpitaux et maternités de proximité, la loi pourrait se transformer en coquille vide.

Cette politique d’austérité fait directement le jeu des anti choix. Parce que on le sait bien : en France des député.e.s du RN, farouchement anti avortement, attendent tapis dans leur coin de pouvoir remettre en cause ce droit fondamental. Preuve en est la décision de la nouvelle majorité municipale RN de la mairie de Carpentras de supprimer les subventions au Planning Familial. En Gironde, l’ARS a tenté de supprimer les 160 000 euros de subvention du Planning Familial mais a du reculer face à l’importante mobilisation. Dans l’Essonne, le budget du Planning Familial a diminué de 40 %. Dans le 93, la Maternité des Lilas, symbole fort féministe du droit à l’IVG et de la prise en charge des femmes venant accoucher,a été obligée de fermer. Et les exemples sont multiples.

Nous manifesterons le 28 septembre 2026 pour défendre le droit fondamental à l’avortement

Nous manifesterons le 28 septembre en solidarité avec les Polonaises, les Maltaises, les Latina américaines, les États Uniennes et toutes celles qui sont encore soumises à la fatalité des grossesses.

Nous manifesterons le 28 septembre

  • pour la réouverture des Centres d’Interruption volontaire de grossesse fermés, pour l’arrêt de la fermeture des maternités et des hôpitaux de proximité pour que l’IVG reste un soin pris en charge à 100 % pour toutes les femmes,
  • pour la suppression du délai de carence dans le cadre d’un arrêt de travail pour une IVG comme pour les fausses couches spontanées précoces pour que les femmes puissent choisir leur méthode pour avorter, médicamenteuse ou instrumentale
  • pour que la méthode instrumentale puisse être pratiquée par les médecins et les sages femmes dans les centres de santé sexuelle.
  • pour des moyens et une véritable formation des enseignant.es afin que l’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et à la Sexualité soit effective à l’école et dans les établissements contre la double clause de conscience.
  • pour que les subventions des associations soient maintenues ou rétablies, et renforcées

COMME CHAQUE ANNÉE, NOUS MANIFESTERONS LE 28 SEPTEMBRE EN DÉFENSE DE L’AVORTEMENT, POUR LES DROITS DES FEMMES.

Collectif Avortement en Europe, les Femmes Décident