La police nationale est intervenue ce vendredi 30 octobre sur le campus Triolet / Appel à la grève dès ce lundi 2 novembre

Ce vendredi 30 octobre, sur le campus Triolet, la police nationale a été invitée à intervenir dans le bâtiment 36. 

Les personnels et étudiant-es de la Faculté des Sciences ont reçu un mail de leur directeur, mais la présidence de l’Université de Montpellier, qui a organisé cette intervention, n’a pas encore communiqué à ce sujet. 

Vers 9h30, la police est entrée dans le campus et a délogé les personnes présentes au bâtiment 36, seul bâtiment encore occupé, et a interpellé une quinzaine d’étudiant-es, certain-es avec menottes, ainsi qu’un lycéen mineur. Pour l’instant, 6 personnes sont encore retenues au poste de police. Un rassemblement a lieu actuellement devant l’Hôtel de Police pour obtenir des nouvelles et soutenir les personnes interpellées. 

La logistique de l’UM a rassemblé avec un huissier tout le matériel présent sur place dans le bâtiment 36  (matériel de cuisine, sacs et affaires personnelles, matériel médical, etc) dans des camions sans que nous sachions si les affaires pourront être récupérées. Alors que les interpellations des étudiant·es se déroulaient encore, une société de nettoyage a immédiatement nettoyé les dessins faits à la craie au karcher, montrant une université empressée d’effacer toute trace de l’occupation vivante des dernières semaines. À notre connaissance, aucune dégradation n’est à déplorer. 

Nous dénonçons fermement ce recours à la force par les présidences d’Université, qui devient systématique, pour mater la mobilisation (à l’Université Paul Valery mais aussi, déjà à l’UM, à la faculté de sciences économiques et à la faculté de droit et de sciences politiques et encore dans d’autres villes les semaines précédentes) et qui s’inscrit dans un contexte inquiétant de répression systématique des mouvements sociaux et de montée du fascisme.

Cette intervention se produit maintenant, alors que le campus a été désoccupé par les étudiant-es et personnels mobilisé·es ce mardi matin, permettant le retour de la plupart des personnels administratifs et des chercheurs et alors que seule l’occupation du bâtiment 36 perdurait. Des discussions étaient en cours avec le directeur de la Faculté des Sciences au sujet des modalités de  reprise des cours lundi dans le bâtiment 36 et un accord se profilait depuis plusieurs jours. Les étudiant·es mobilisé·es comptaient par ailleurs sur ce temps de répit du week-end pour nettoyer le bâtiment 36 avant la reprise des cours, afin de ne pas laisser ce surcroît de travail aux personnels de nettoyage. L’intervention précipitée et mal avisée de la présidence aura donc abouti à accroître inutilement le travail des plus précaires. 

En parallèle, l’Uuniversité a déployé depuis vendredi matin une société de « sécurité » privée aux entrées du campus, chargée du contrôle des cartes des personnels et étudiants. Nous dénonçons ce blocage sécuritaire du campus Triolet, qui s’oppose fondamentalement aux valeurs de liberté et d’ouverture que doit porter une communauté universitaire digne de ce nom. 

Déloger les étudiant·es est une attitude antidémocratique, condescendante et méprisante envers l’ensemble des étudiant·es, des enseignant·es et des BIATSS. M. Augé n’a daigné communiquer ni avec les usagers, ni avec les personnels de l’Université, ni avec leurs représentant·es durant toute la période de l’occupation, il n’a pas non plus convoqué le CSA pour l’informer de la situation. De plus, il a imposé un télétravail illégal en s’appuyant sur des directeurs et des chefs complaisants qui intimident le personnel.Une assemblée générale est prévue depuis plusieurs jours le lundi de la rentrée (2 novembre 12h) dans un campus ouvert, afin de permettre la présence d’un maximum d’étudiant-es et de personnels sur place et décider ensemble de la suite de la mobilisation . 

Suite à cette intervention policière et en cohérence avec la décision de l’assemblée générale des personnels de l’UM, nous appelons les personnels à la grève dès le lundi de la rentrée afin de protester contre cette répression de la mobilisation et en soutien aux revendications exprimées. Des pré-avis de grève ont déjà bien été déposés, y compris localement pour inciter la présidence à recevoir les syndicats.

  •  Rendez-vous dès 7h30 lundi matin à l’entrée rue du Truel pour informer nos collègues et appeler à la mobilisation. Nous proposons un rassemblement ensuite à 9h dans le hall du bâtiment 36 pour échanger et décider collectivement des suites à donner à la mobilisation. 
  • L’AG de lundi 2 novembre à 12h dehors devant le bâtiment 36 est maintenue et nous invitons les personnels à s’y joindre massivement. 

Soyez nombreuses et nombreux dans la rue ce samedi 31 octobre (14h au départ du campus Triolet) puis jeudi 5 novembre pour une journée de grève interprofessionnelle. 

Pour une Université libre et accessible à toutes et tous, pour des conditions de travail et d’étude dignes à l’Université comme dans les lycées, pour des perspectives de carrière et d’avenir pour la jeunesse, mobilisons nous sur nos lieux de travail et d’étude et dans la rue et exigeons un budget à la hauteur !

Premiers signataires : Sud Recherche Montpellier, Snesup-FSU UM, Sud Éducation UM, CGT